C'est à Menphis que naît le deuxième enfant du couple Doherty ; Rosa, esthéticienne, et Tom, banquier, ont décidé de donner à Sean, 4 ans, une petite soeur qu'ils prénomment Maria Shannen. Elle n'a que six ans lorsque ses parents quittent le Tennessee pour aller s'installer en Californie dans le quartier de Palos Verdes, à Los Angeles. Là-bas, elle se fait rapidement des amis, l'une surtout avec laquelle elle fait les quatre cents coups. Ainsi, à la suite d'un pari avec elle, Shannen passe une audition dans un théâtre amateur. Surprise ! elle décroche un petit rôle, et sitôt passé le trac de scène, se découvre une vocation de commédienne : « L'ennuyeux, c'est que mes parents ne voulaient absolument pas que j'en fasse mon métier » avoue-t-elle. Mais elle gagne une première revanche lorsque sa prof de l'époque vient plaider sa cause : du même coup, sa maman devient sa meilleure alliée, et son agent ! Elle l'a fait auditionner pour le doublage d'un nouveau grand film d' animation : elle décroche celle de la jeune Teresa, l'héroïne de Brisby et le secret de Nimh. Dès lors, Shannen ne cessera de tourner, alternant séries et téléfilms avec une belle régularité. En revanche, elle ne connaîtra jamais une enfance et une adolescence normales. Entourrée d'adulte, hyper protégée, elle n'aura pour seul horizon qu'un professeur particulier à la maison, et même un "père" de remplacement, en la personne de Michael Landon qui lui offre son premier grand rôle, celui de l'adorable nièce Jenny Wildder, nouvelle venue au sein de la famille Ingalls, le 27 septembre 1982 dans la petite maison dans la prairie. « Michael Landon était mon mentor et mon idole, un second père pour moi, et surtout la personne la plus gentille qu'il m'a été donné de rencontrer à Hollywood » précise-t-elle. Entre temps, il est vrai, son père a été victime d'une grave crise cardiaque et, désormais, ne peut plus guère veiller sur elle. Devenu en quelque sorte un professeur de comédie, Landon lui offre un nouveau rôle régulier l'année suivante dans sa nouvelle production Father Murphy. Entre temps, elle participe à quelques autres célèbres séries : on l'aperçoit dans Magnum et Supercopter. Dans la mini-série Robert Kennedy, elle joue la fille du célèbre sénateur où, pour les besoins du rôle, elle apprend à monter à cheval, le début d'une passion.

Avec une belle assurance, Shannen mène de front sa carrière, rêvant à celle de Jodie Foster. Comme elle, elle fait ses études au Lycée français de Los Angeles. Puis, pendant trois ans, elle incarne Kris Witherspoon, l'une des héroïne de la série Our House. A cette occasion, un célèbre magazine télévisé lui décerne le titre de "Meilleur espoir féminin de l'année". Déjà, elle affiche un sacré tempérament etcréé un mini-scadale en refusant d'embrasser son jeune partenaire. Son caractère spontané et naturel sera adroitement utilisé par les agents d'Hollywood : on la voit beaucoup à la télévision donnan la réplique à Lindsay Wagner (Les amour de Claire), ou à Winona Ryder (Lethal Attraction). Puis la revoilà encore dans 21 Jump Street. Vers la fin des années 80, après son bac, Shannen envisage de poursuivre ses études : elle hésite entre la psychologie, et le commerce. Elle renoncera finalement à ce projet pour se consacrer à sa carrière d'actrice.

En 1989, elle reçoit le script de Beverly Hills. « J'ai tout de suite compris que cette histoire allait connaître un vif succès auprès des ados de mon âge », affirme-t-elle. Rapidement, face au producteur Aaron Spelling et devant le succès de la série, elle afiche déjà ses idées et ses prétentions professionelles retenant en cela les leçons de Landon. « Il m'avaitdit de faire ce en quoi je croyais dans la vie et de ne me laisser archer sur les pieds par personne », poursuit-elle. Car Shannen pense qu'elle n'est pas une comédienne plus "difficile" qu'une autre mais elle est surtout fermement décidée à mener sa carrière comme elle l'entend. Peu à peu, les téléspectateurs et surtout les médias auront un peu trop tendance à l'assimiler et à la confondre avec son personnage de Brenda Walsh dans Beverly Hills. « Les fans ne font pas la différence entre elle et moi, cela me jouera sans doute des vilains tours dans l'avenir », reconnaît-elle. Beverly Hills, la série de tout les triomphes, aura fait d'elle un "peste", une "bad girl", celle que l'on aime haïr comme, en son temps, un certain J. R. dans Dallas - certains fondent même une association intitulée "I hate Brenda"! Trois ans et quelques scandales plus tard, lassée par Beverly Hills, elle déclare « s'y ennuyer ». Spelling la remplacera finalement par Tiffani-Amber Thiessen, l'ex-héroïne de Sauvés par le gong après avoir envisagé Alyssa Milano - eh oui !

Désormais riche et célèbre, Shannen promène son jolie minois partout où sa réputation sulfureuse la précède. Son caractère affirmé, son manque de ponctualité et son attitude méprisante d'enfant gâtée - selon certains - ne l'empêche nullement d'enchaîner films sur films même si on la surnomme à Hollywood "Tandrum a Day Shannen" ("Miss un caprice par jour" !). Scandaleuse à 'écran, ses amours à la villes feront également couler beaucoup d'encre souvent trempée dans le fiel On lui prête une liaison avec chacun de ses partenaires, puis, mariée à Ashley Hamilton, fils de l'acteur George Hamilton, elle divorce ciq mois plus tard ; enfin on la traîne devant les tribunnaux pour coup et blessures, excès de vitesse, menace de mort et autres chefs d'accusation plutôt grave. En revanche, elle occupe une place de choix parmi les dix plus belles femmes du monde, sélectionnée par US Magazine. Idole adulée autant que détestée, Shannen s'enferme chez elle à Malibu où elle collectionne les meubles anciens de style baroque, pour ne sortir accompagnée que d'un imposant garde du corps. Si elle souffre de sa petit e taille (1,55 mètre), elle n'a pas honte de son corps, puisqu'elle accepte, moyennant un nombre conséquant de milliers de dollars $, de poser nue pour Play Boy, afin, dit-elle, d'évacuer ses cauchemars. Spelling, lui, n'en fait plus depuis sa discorde avec la comédienne, mais il rêve d'un sujet pour elle qui stigmatiserait les blessures. Il trouvera l'idée de génie en lui proposant au printemps 1998 de tenir la vedette dans « une histoire de sorcière qui devrait vous ammuser » lui a-t-il dit. Histoir sans doute, de vaincre les démons du passé.